Wani Muganguzi, le responsable technique avec, à sa gauche, Hugo Lambart (préparateur physique) et à sa droite Johan Le Gac (coach U18).

« Ce n’est pas le monde des bisounours »

Le centre de formation est LE passage obligatoire pour se former psychologiquement, techniquement et athlétiquement au plus haut-niveau. Au Landerneau Bretagne Basket, le responsable technique est Wani Muganguzi (au centre de la photo) ! Entretien.

Si tu devais définir le Centre de Formation à quelqu’un qui ne connaît pas le système…

Le Centre de Formation c’est pour des jeunes filles entre 15 et 20 ans* (U 18 à Espoir). Ce qu’on y fait ? C’est ce qu’on appelle le double projet. C’est une obligation ministérielle. Il faut un projet scolaire et un projet sportif. Notre mission est d’accompagner les filles sur ces deux projets. Le projet scolaire est la condition sine qua none pour que le projet sportif existe.

Le CDF développe les filles sur un plan physique, technique et psychologique. Physiquement c’est faire naître des athlètes, parce qu’avant d’être des basketteuses ce sont des athlètes. Tactique et technique, le but, c’est qu’elles soient capables de comprendre ce qu’il se passe, apporter les bonnes réponses et de répéter l’effort à forte intensité.

Et sur le plan psychologique, à travers le sport, développer les personnes, faire en sorte « que ce soit des meilleures femmes » plus tard, parce que là on parle de jeunes filles. Il faut qu’il y ait : les valeurs du club, du sport et qu’elles puissent retrouver à travers le sport des valeurs de la vie comme : le rapport à l’échec et comment le gérer, le dépassement de soi, l’esprit d’équipe et d’entraide.

Le  but est de permettre à ces jeunes filles de se construire à travers le sport et le CDF. Si les personnes se renseignent sur le centre de formation. Plus qu’une performance sportive, c’est l’humain qui est au cœur du centre de formation mais ce n’est pas le monde des bisounours.

Tu as parlé de la partie scolaire, que fait le centre de Formation sur cette partie ?

On a un accompagnement, on suit pour être sûr que cela se passe bien. Si ça ne se passe pas bien à ce moment-là, on essaye avec les lycées de trouver les solutions pour apporter le meilleur accompagnement à la joueuse pour qu’elle puisse suivre le double projet mais si elle ne suit plus scolairement on arrête le projet sportif,.

"PLUS QUE LES MOYENNES, NOUS REGARDONS LE COMPORTEMENT QUI EST aussi IMPORTANT. CAR QUAND ON EST DANS UN CENTRE DE FORMATION, ON SE DOIT D'ÊTRE IRRÉPROCHABLE OU PRESQUE."

Donc, le projet scolaire fait partie des critères de recrutement. Sur quoi d’autre vous basez-vous pour accéder au CDF ?

Quand on postule dans un Centre de Formation, on demande plusieurs choses. On regarde le CV, bien évidement les résultats scolaires. Plus que les moyennes nous regardons le comportement qui est important. Car quand on est dans un centre de formation, on se doit d’être irréprochable ou presque. Ensuite on ne choisit pas une personne en échec scolaire car forcément cela n’ira pas mieux.

Nous ne disons pas qu’il faille avoir une moyenne minimale parce qu’il y a des gens qui peuvent avoir 11  de moyenne en donnant le maximum et avec des supers appréciations. Dans le cas contraire, il peut aussi y avoir des gens avec 14 de moyenne mais pas de bonnes appréciations.

 Il y-a-t-il des aptitudes physiques à avoir pour y accéder ?

Oui là c’est Hugo (le préparateur physique) qui se charge des tests et à partir de ce moment-là, il me dit s’il y a des risques ou si, pour lui, il pense qu’elle peut rentrer dans le centre.

Comment se passe une semaine au centre de formation ?

Alors déjà ça se passe bien (rires), c’est le principal ! Lundi une session d’entraînement d’une heure relativement peu intense autour des fondamentaux et de l’adresse. Mardi midi, on a une session d’une heure sur les fondamentaux individuels. Le mardi soir, on a une session très intense autour du jeu de relance. Mercredi après-midi, on a une session d’endurance de deux heures d’entraînements fondamentaux individuel et collectif. On finit par du crossfit. Jeudi matin, c’est une heure de travail individuel et le soir on axe sur la relance plus du jeu collectif. Vendredi, il y a de l’adresse et du collectif puis match samedi et dimanche.

"A LONG TERME, nous aimerions VOIR UNE JOUEUSE ISSUE DU CENTRE DE FORMATION AVOIR UN RÔLE IMPORTANT DANS LE GROUPE PROFESSIONNEL."

Quels sont les objectifs fixés pour le centre de formation ?

Nos objectifs à court terme, c’est un peu notre première année, trouver la bonne formule et obtenir l’agrément ministériel du centre de formation.

Sur le plan sportif, la découverte du niveau espoir et finir dans les 20 meilleurs équipes U18. Pour atteindre cet objectif, il faut que l’on soit 5e dans la 2nde phase des poules (poule haute).

A moyen terme, il faut que l’on puisse fournir des partenaires d’entraînements aux professionnels, c’est-à-dire des joueuses, du centre de formation, pouvant s’entraîner avec les professionnels. A ce jour il y en a deux Rosette et Mariam.

A long terme c’est avoir une joueuse issue du centre de formation avoir un rôle important dans le groupe professionnel.